TPI de Kaloum : la bailleuse, les locataires, l’esprit et le marabout à la barre

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De la cohabitation au tribunal. Un mois après leur séparation, madame M’Mah Soumah, veuve de 42 ans, directrice des ressources humaines d’une école privée de Kaloum, se retrouve aujourd’hui avec ses anciens locataires et un marabout devant le juge Boubacar Hafia Bah du tribunal de première instance (TPI) de Kaloum.

Tout est parti d’une vidéo que madame Soumah, plus connue sous le nom de Katty, a reçu le 22 mai de sa sœur résidant en Belgique. Dans la vidéo – selon les explications de madame Soumah, qui était à la barre ce jeudi 16 juillet -, on voit Aïssata Bangoura – la femme de son ancien locataire N’Faly Camara – subir un rite d’exorcisme. Le problème ? C’est le nom de madame Soumah qui est donné au mauvais esprit qu’on tentait de faire sortir d’Aïssata Bangoura. Dans le dialogue entre le marabout Aboubacar Soumah et madame Aïssata Bangoura, on entend :

–          Comment tu t’appelles ?

–          Je m’appelle M’Mah Soumah.

–          Mais sur quel nom tu es plus connue ?

–          Katty.

–          Sais-tu que je suis venu chez toi prier après le décès de ton mari ?

–          Oui.

–          N’as-tu pas eu de la céphalée après mon départ de chez toi ?

–          Oui, j’ai eu de la céphalée.

Et Aïssata Bangoura – qui serait en train de parler sous l’emprise de l’esprit –  de poursuivre : « c’est moi qui ai tué mon mari. J’ai également ensorcelé mon collègue et le mari de mon amie… » Or, il se trouve que le marabout Aboubacar Soumah s’était rendu chez madame Soumah, à trois reprises, après le décès de son mari le 22 avril dernier. Il se trouve aussi, qu’elle a eu de la céphalée après le décès de son mari.

Pour madame M’Mah Soumah, il n’y a aucun doute que c’est d’elle qu’on parlait. « Quand j’ai visionné cette vidéo je ne pouvais pas retenir mes larmes. Mes enfants et les voisins ont essayé de me calmer… »

Quant à N’Faly Camara, il a tout d’abord soutenu sa femme en réfutant l’existence de la vidéo. Cependant, il soutiendra plus tard que ce qui est dit par l’esprit est de la pure vérité.  Face à ses propos de N’Faly Camara, madame Soumah a décidé de déclencher une procédure judiciaire contre la famille Camara et le marabout Aboubacar Soumah. Poursuivis pour ‘’dénonciations calomnieuses, diffamation et atteinte à la vie privée.’’ A la barre, les trois prévenus à la famille ont nié les faits. Mais, à la demande de l’avocat de M’Mah Soumah, les faits ont été requalifiés en charlatanisme.

A la barre, M’Mah Soumah a laissé entendre qu’il y avait un antécédent entre elles et les trois prévenus. N’Faly Camara et sa femme étaient sommés de sortir de la maison parce qu’ils ne s’entendaient plus. Alors que les trois enfants du marabout avaient été renvoyés de l’école pour non-paiement de scolarités. Le marabout tiendra quand même à dédire cette accusation en disant qu’il n’avait qu’un seul fils à l’école privée où sert madame Soumah et que la scolarité de ce dernier était prise en charge par sa belle-sœur. L’affaire a été renvoyée au 27 juillet pour la suite des débats.