Manque d’eau et de courant à Kankan : Le calvaire des ménagères se multiplie

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Sans eau et sans électricité, de très nombreuses femmes de la circonscription de Kankan traversent un mois de ramadan difficile. En cette période de pénitence, leurs tâches ménagères se multiplient et deviennent de plus en plus ardues surtout aux heures les plus tardives.

Fatoumata Camara, citoyenne rencontrée dans l’un des grands foyers du quartier Korialen, non loin du grand marché Dibida, relate en ces termes, les difficultés qu’elle et ses deux jeunes filles endurent en ce moment. : « Nous avons vraiment du mal à avoir de l’eau potable et le courant même, ça on en parle pas. Imaginez vous-même, qu’à 3 heures du matin, quand je me réveille avec mes filles, pour préparer les repas de toute la famille, à pareil moment, on s’aperçoit que l’eau ne coule pas dans le robinet et il n’y a pas non plus de courant. On est obligé de nous débrouiller chaque fois avec des torches pour l’éclairage et on marche de longues distances pour trouver des points d’eau. C’est comme si on était dans le dernier des villages les plus enclavés », a-t-elle déploré.

Poursuivant, elle dénonce aussi le système de « tour-tour », qui hante  depuis une éternité, les desserte en eau et en électricité dans la localité. « L’eau  et le courant ne viennent que pour un tout petit moment. Mais, on ne comprend même pas, quelle est cette histoire de tour-tour qui n’en finit jamais. La vérité c’est qu’on est fatigué de ce maudit système de tout à tour dans une ville aussi importante comme Kankan, nous n’avons rien  fait pour mériter un tel sort »  a-t-elle martelé.

C’est pourquoi donc Mariame Sacko, une autre de ces nombreuses ménagères au caractère révolté de Kankan, harassée des promesses qui ne se concrétisent pas, demande au chef de l’Etat, que les dessertes  en courant et en eau soient quotidiennes afin que ces denrées soient disponibles 24h/24 surtout en cette période de ramadan à Kankan.

« Kankan mérite de progresser. Il y a eu trop de promesses. Des promesses qui n’en finissent pas. Mais on ne voit rien. On en a plus qu’assez. Que le président Alpha Condé ait maintenant pitié de nos âmes qui souffrent. En réalité, il faut que nous ayons le courant et l’eau dans nos maison tous les jours et 24/24. Et surtout en cette période saint ramadan. On doit travailler, manger, et dormir sous la lumière », laisse-t-elle en sanglotant.

A noter qu’outre ce manque de courant et d’eau qui les fatiguent tant, les femmes du Nabaya, sont aussi en proie à une flambée des prix des produits de première nécessité sur l’ensemble des marchés en ce mois de ramadan.