Kindia : dans l’ombre du maire malade et décrié, la guerre de succession fait rage entre les vice maires

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Elu maire de la commune urbaine de Kindia sous la bannière de l’UDG depuis février 2018, Elhadj Mamadouba Bangoura présente aujourd’hui une santé de plus en plus chancelante. Au point qu’il n’arrive plus à exercer à souhait ses fonctions régaliennes de locataire de l’hôtel de ville. Avec un taux d’absentéisme de plus en plus élevé tant au bureau que dans les cérémonies officielles.

Aujourd’hui, le maire dont on dit octogénaire et malade n’est même plus capable de prendre les escaliers pour rallier son bureau qui est situé au premier étage de la mairie. Une situation préoccupante que déplorent de nombreux citoyens à Kindia. Parmi eux, les moins circonspects vont jusqu’à demander au département en charge de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation sa destitution comme le stipule l’article 146 du Code révisé des collectivités locales.

 « En plus du poids de l’âge, le maire est aussi très malade ces derniers temps. Ce qui est très regrettable aujourd’hui, c’est qu’on ne parle plus de développement dans cette commune sauf des petites querelles de succession entre ses 5 vice- maires. Regardons l’image de la ville, les ordures joncent partout, les cours d’eau sont menacés de disparition, nos femmes sont assises dans la rue parce qu’il n’y a pas de marché, pas de gare routière ni d’école. Voilà des choses qui intéressent nous, les citoyens. Mais depuis l’installation de cette équipe dirigeante à la tête de la commune. Rien n’est fait en matière de développement local… », dénonce Moussa Sylla, enseignant.

Interrogé, le principal concerné depuis son domicile, au quartier Tafory Gangan, répond : « c’est vrai que je suis malade ces derniers temps mais, je pars au travail même si je reste parfois au rez-de-chaussée compte tenu de mon âge. Les escaliers du siège me fatiguent beaucoup. C’est pourquoi j’ai demandé qu’on aménagé un bureau en bas qui serait facile pour moi. En ce qui concerne ce que j’entends partout pour le moment, je ne suis pas mort d’abord et je continue à travailler comme je peux. »

Cette ligne de défense du maire Bangoura, loin de rassurer les gens, attise la tension entre ses vice-maires qui ne pensent plus qu’à une chose, sa destitution pour invalidité et son remplacement.

Dans ce contexte au relent d’une guerre de succession, un administrateur rappelle à chacun, l’article 146 du Code révisé des Collectivités locales qui stipule : « la loi dit qu’en cas d’absence du maire, c’est le premier vice-maire qui doit assurer l’intérim jusqu’à à la fin du mandat… »

Mais aujourd’hui, déplore cet administrateur, ‘’cette disposition légale ne semble pas être comprise par certains conseillers qui veulent à tout prix changer la donne. Au lieu que la première Vice-maire remplace directement le maire principal, ils préfèrent plutôt un autre en violation flagrante de l’article 146 du code révisé des Collectivités locales.’’

Pour sa part, la première Vice-maire de la commune dit observer tout ce branle-bas de combat avec sérénité. « Moi, je suis sereine. Tous ceux font ces tintamarres au niveau de la commune, méconnaissent la loi. Au lieu de parler dans les couloirs qu’ils lisent au moins l’article 146 du code révisé des collectivités locales. Mais toutes ces confusions sont créées par le maire, lui-même qui est à la base de la polémique. Puisque sa gestion est décriée par bon nombres de citoyens de Kindia et s’est fait entourer par un clan. Aujourd’hui, son état de santé très fragile plonge cette commune dans la pagaille. En tant que première vice-maire issue du RPG, ils tiennent des réunions et prendre des décisions sans n’informer ni m’associer à quoi que ce soit. C‘est là-bas il engage la mairie en complicité avec les 4 autres vice-maires, tous issus des partis alliés. J’ai écrit à la tutelle pour dénoncer ces genres de comportements », a confié  Aminata Oularé, première vice-maire.