Kankan : La mesure du couvre-feu  bat de l’aile

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Le couvre-feu qui est censé être en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin, n’est presque plus respecté dans la commune urbaine de Kankan. C’est du moins ce qui ressort du constat que nous avons effectué dans la nuit du  lundi à ce mardi 05 mai 2020, au niveau de nombreux points d’attraction des noctambules dans la commune urbaine de Kankan.

Il est 21 heures 54 minutes. Nous sommes aux alentours de la gare routière Bada de Kankan. En pleine période de couvre-feu, l’ambiance est du genre incroyable. Pas moins d’une cinquantaine de boutiques sont ouvertes. Il y a aux abords  des trottoirs, des vingtaines de tabliers occupés par des vendeuses de nourritures envahies par leurs clients. La circulation est fluide. Les chauffeurs de taxi-motos stationnés ça et là et sont en quête de passagers.

A 22 heures 12 minutes. Nous arrivons au marché de nuit de Sogbè. Le constat ici, est presqu’identique au précédent. Situé à seulement quelques pas dudit marché, même la pâtisserie appartenant au général Bouréma Condé, ministre de l’administration, du territoire et de la décentralisation, est grandement ouverte au public ainsi qu’une dizaine d’autres établissements commerciaux.

Aux dires de certains commençants abordés surplace, ils sont bel et bien conscients, que leur présence au marché à  pareil moment de la nuit constitue bien une violation du décret du président de la République.

Cependant, ils se demandent eux-mêmes pourquoi, ils échappent au contrôle de la patrouille. « Souvent, je vois passer le pick-up de patrouille des agents. Mais ils me dépassent sans jamais rien dire », nous confie, un vendeur de soupe de la place.

On constate aussi au cours de cette ballade nocturne à travers la cité, une très faible présence des unités mixtes de patrouilles des forces de défense et de sécurité chargées de sillonner la ville pour veiller au respect de la mesure.

A 22 heures 17 minutes, de passage au niveau du rond-point Komarala Loisirs, uniquement un petit groupe d’hommes en treillis est visible. Six (6) agents sont aux aguets, et comme si de rien, ils observent sans tenter la moindre intervention pour empêcher la circulation des véhicules et les déplacements des piétons.

Aussi à en croire un autre commerçant sous couvert d’anonymat, ce laxisme dont fait preuve les agents en marge des opérations de patrouille du couvre-feu, pourrait bien avoir une explication : « Depuis que le couvre-feu a commencé, on ne dénombre aucune boutique vidée de son contenu par des inconnus. Et puis c’est en plein centre ville bien sécurisé, que la plupart de ces cas de cambriolage sont enregistrés. C’est pourquoi, à mon avis, je dirais qu’au fond, les agents eux-mêmes sont conscients qu’ils sont suspectés par les gens. Alors, c’est sans doute la raison qui fait qu’ils ferment les yeux  sur la présence des gens. Pour ne pas qu’on dise qu’ils chassent les gens avant de procéder à des opérations de vols », a-t-il expliqué.

Interrogées par Guinéenews, les autorités compétentes n’ont pas répondu à nos questions au moment où nous mettons cet article sous presse.

En tout cas à Kankan, ce qui reste clair, aux heures du couvre-feu, les gens circulent et vaquent à leurs occupations quotidiennes.