Après l’entourloupe électorale en Guinée : Le pouvoir renvoyé à ses propres turpitudes !

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Le régime de Conakry continue de concentrer les critiques sur le double-scrutin du 22 mars, qui avait tout d’une entourloupe électorale.

Et parmi les nombreuses voix à s’élever  contre ces turpitudes de l’exécutif, il y a celle du centre d’études stratégiques de l’Afrique, ce « think tank », qui sert en réalité de boussole au Pentagone-le ministère de la Défense des États-Unis-et dont les recommandations qui  sont d’ordinaire secrètes, sont prises comme parole d’Évangile par les autorités américaines.

Il ne fait plus l’ombre d’un doute que le cas guinéen devient de plus en plus sérieux et préoccupant. C’est le moins qu’on puisse écrire, surtout quand le très redouté centre d’études stratégiques de l’Afrique, logé dans l’enceinte du Pentagone s’en mêle. Car le Cesa est différent d’un think tank comme International crisis group ou  d’ONG de défense des droits humains comme Human rights watch ou Amnesty international. Ce n’estpas  pour jeter la pierre à ces institutions qui abattent en longueur de journée un travail titanesque en matière de lobbying pour la défense des droits humains à travers le monde.

Mais les initiés en matière de défense vous diront que le centre d’études stratégiques de l’Afrique n’est pas qu’une simple « boîte à idées ». C’est bien plus.

Ainsi dans son rapport intitulé « Désamorcer la crise politique en Guinée », le centre d’études stratégiques de l’Afrique, donne un coup de pied dans la fourmilière. Dans sa tirade, le centre fait une rétrospective de la longue marche de la Guinée vers un régime démocratique. Et dit toute sa déception qu’on soit encore à la croisée des chemins, comme en 2010. Comme si les 10 ans de magistère du premier président démocratiquement élu n’ont été qu’une grosse désillusion.

« Les manœuvres du président Alpha Condé pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, contre l’avis de la population, constituent une manière de contourner les remparts démocratiques à la seule fin de s’assurer un troisième mandat présidentiel », déplore le « think tank ».

Et d’avancer dans la même lancée que « le pays ayant enduré pendant 50 ans despotisme et abus de pouvoir avant d’entamer sa transition démocratique en 2010, la question de la limitation du nombre de mandats présidentiels revêt une importance particulière pour la plupart des Guinéens. Cette longue période de mauvaise gouvernance vaut aujourd’hui à la Guinée d’être l’un des pays les plus pauvres d’Afrique. »

Le Cesa rappelle donc que « l’heure est grave pour la Guinée. En effet, l’expérience montre que les chefs d’État africains qui sont restés au pouvoir pendant plus de 10 ans ont accumulé les actes de répression et de corruption et généré instabilité financière, sous-développement et conflits dans le pays», martèle-t-il avec insistance.

Le Cesa renvoie aussi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à ses responsabilités, en soulignant que « le non-respect des règles de cumul des mandats et le recul démocratique en Guinée constituent un défi pour l’institution sous régionale. »

Le centre d’intelligence du Pentagone n’a pas manqué de mentionner dans son rapport que « cette régression de la Guinée vers un pouvoir de type autoritaire est source d’instabilité politique et de difficultés économiques dans ce pays de 12 millions d’habitants dont les ressources minérales n’ont pas prémuni contre la pauvreté. Les implications pourraient être graves dans les pays voisins qui seront directement affectés par cette instabilité ».

Comme recommandation pour sortir de ce bourbier, le centre plaide que soit donné « à la société civile et aux réformateurs démocratiques, l’espace nécessaire pour exprimer leur volonté de changement, mais aussi de s’atteler à rechercher des solutions en faveur d’un véritable dialogue politique national. » Entre autres…

Bref, ce rapport est un long réquisitoire contre le pouvoir de Conakry qui se voit renvoyer à ses propres turpitudes par ce « think tank ».