Agriculture : A Kindia, les producteurs maraîchers subissent l’impact du Covid-19

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À Kindia, une zone de production par excellence de légumes, les conséquences du Covid19 se font sentir dans le monde agricole.

L’acheminement des produits vers la capitale mais aussi le manque de rendement dans la production, justifient cette baisse d’activités liée au Covid19.

Fodé Momo Bangoura, producteur se dit très affecté par cette situation. Dans son témoigne il souligne une baisse de la production et les difficultés dans l’écoulement des légumes.

« Depuis que cette pandémie est apparue dans notre pays, nous, les producteurs, nous subissons pleinement les conséquences par manque d’écoulement de nos produits maraîchers. Après la récolte, mon domaine pouvait produire plus de 30 casiers, mais cette fois-ci par manque de substances agricoles, je n’ai pu avoir que deux casiers, c’est à dire de la tomate et de la salade. Nous souffrons énormément, on a plus où donner de la tête », peste-t-il.

Même cri de cœur pour Bambé Soumah, paysanne du même site de Boussoura, situé dans le quartier Koliady.

« Vous savez pour une bonne récolte, il faut avoir des substances nutritives pour des plantes, imaginer quand on plante les feuille de salades, des tomates, jusqu’à la récolte, il faut arroser, mettre de l’engrais et autres intrants. Et après tout cela, si tu n’arrives pas à vendre par manque de route, ça va pourrir. L’autre  aspect de l’impact de cette crise sanitaire porte sur  le coût du transport qui a grimpé. Un sac d’engrais qu’on achetait à 150.000 fg se négocie aujourd’hui à 400.000 fg, donc voyez combien de fois nous souffrons. Tous nos produits pourrissent avec nous parce que la capitale est fermée. Donc nous demandons à l’État de nous venir en aide, sinon vraiment nous ne savons plus que faire », déplore cette paysanne.

Par la même occasion, le président de la fédération des associations paysannes et maraîchères de la basse Guinée lance un SOS. « Pour stabiliser et sauver les revenus de nos paysans, nous demandons à l’État de nous aider à avoir des chambres de conservation des produits, en pareille circonstance, cela nous permettra de garder nos produits pendant un mois ou deux mois voire même plus. Nous sollicitons aussi la subvention des intrants, un fonds de roulement pour la commercialisation »,  a plaidé Aboubacar Pastoria Sylla.

A noter que les producteurs de la ville des agrumes sont partagés entre deux inquiétudes, celle liée à la pandémie du COVID-19, et les difficultés liées à la commercialisation de leurs produits qui pourrissent dans les différents marchés de la ville.